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4) Concernant la Vierge Marie

Voyons premièrement la traduction exacte des versets indiqués:
Luc 1. 28-30 L'ange entra chez elle, et dit: Je te salue, toi à qui une grâce a été faite; le Seigneur est avec toi. Troublée par cette parole, Marie se demandait ce que pouvait signifier une telle salutation. L'ange lui dit: Ne crains point, Marie; car tu as trouvé grâce devant Dieu.

En saluant Marie, l'ange la qualifia de «femme à qui une grâce a été faite», une femme à qui le Seigneur accordait un privilège spécial. Notons deux points importants: 1) L'ange n'a pas adoré Marie et ne lui a pas adressé de prière; il l'a simplement saluée; 2) Il n'a pas dit qu'elle était «pleine de grâce», mais simplement bénéficiaire d'une grâce. (Nous reproduisons ici le "commentaire du disciple" de MacDonald).

Au sujet des autres versets, revoyons le texte complet:
42 Elle s'écria d'une voix forte: Tu es bénie entre les femmes, et le fruit de ton sein est béni.
43 Comment m'est-il accordé que la mère de mon Seigneur vienne auprès de moi ?
44 Car voici, aussitôt que la voix de ta salutation a frappé mon oreille, l'enfant a tressailli d'allégresse dans mon sein.
45 Heureuse celle qui a cru, parce que les choses qui lui ont été dites de la part du Seigneur auront leur accomplissement.
46 Et Marie dit: Mon âme exalte le Seigneur,
47 Et mon esprit se réjouit en Dieu, mon Sauveur,
48 Parce qu'il a jeté les yeux sur la bassesse de sa servante. Car voici, désormais toutes les générations me diront bienheureuse,
49 Parce que le Tout-Puissant a fait pour moi de grandes choses. Son nom est saint.

Les 3 parties de phrases que vous citez sont bien là. Effectivement, Marie a eu une foi admirable (verset 45), et toutes les générations ont appris les grandes choses que Dieu a fait POUR elle. (48-49).

Mais vous avez oublié le verset 47 où Marie reconnaît qu'elle a besoin d'un Sauveur, comme tout être humain. Elle n'est pas sans péché ! Puis, humblement, elle se reconnaît la "servante du Seigneur". Je trouve ce titre très beau! Et surtout, si ce passage parle de ce que Dieu a fait POUR Marie, pas la moindre petite allusion que Marie pourrait faire quelque chose POUR les autres. Aucune allusion à un rôle dans le salut. Ni dans ce passage, ni dans aucun autre.
Et si Marie a eu, à ce moment-là, une foi admirable, cette foi, comme c'est souvent le cas chez tous les humains, a parfois vacillé: Marc 3.21 Les parents de Jésus, ayant appris ce qui se passait, vinrent pour se saisir de lui; car ils disaient: Il est hors de sens.

Et si Jésus est le "second Adam", Marie ne représente nullement une "nouvelle Eve", elle n'est PAS la femme du second Adam, ni la "femme de Dieu" ou de l'Esprit, quel blasphème!

Mais Marie avait parfaitement le droit de dire NON à l'ange. La question n'était pas truquée! Par la foi, elle a dit OUI, et c'est admirable. Dieu n'impose JAMAIS une réponse, l'homme est libre de ses choix, et pleinement responsable précisément parce qu'il est libre. Dieu ne veut pas des pantins dont il tirerait les ficelles, mais des hommes et des femmes qui acceptent ou refusent sa volonté en pleine connaissance de cause.

Marie a bien mis au monde le Fils de Dieu. Mais dire "qu'elle nous enfante à cette liberté filiale qui est le don de l'Esprit", n'a absolument aucun sens. L'Esprit a agit sur elle, mais elle n'a aucune action SUR l'Esprit, ni sur la diffusion de l'Esprit sur les croyants.

5) Concernant la doctrine de la justification et le «Sola Fide»

L'essentiel du problème est la définition du mot "foi". Jacques utilise le mot "foi" pour ce qui n'est qu'une adhésion intellectuelle. Paul utilise le mot "foi" pour désigner la confiance totale et personnelle en l'œuvre expiatrice de Jésus-Christ. Ceci est mieux expliqué dans le texte ci-dessous, à nouveau une question et une réponse.

Question:

Certains disent que la foi en Jésus-Christ nous sauve pour aller au Ciel. D'autres disent, que la foi sans les oeuvres est morte. Lequel dans les deux cas a véritablement raison?

Réponse:

On a beaucoup écrit sur ce sujet, généralement sans replacer les versets cités dans le contexte du discours. Voyons quelques affirmations au sujet du salut par la foi, la première chose étant de s'entendre sur ce que chacun appelle "la foi".

A. Au sujet de la Foi

Certes, il faut croire, mais cela ne signifie qu'il suffit de croire n'importe quoi pour être sauvé! Jacques 2.19 dit: Tu crois qu'il y a un seul Dieu, tu fais bien; les démons le croient aussi, et ils tremblent.
Il faut croire que Jésus-Christ, Dieu le Fils, a abandonné la gloire céleste pour venir sur Terre sous la forme d'un homme. Ayant vécu une vie sans aucun péché, il a été mis à mort, et a offert son sang comme victime expiatoire pour tous les péchés des hommes.
Jésus a dit (Jean 10.17-18): Le Père m'aime, parce que je donne ma vie, afin de la reprendre. Personne ne me l'ôte, mais je la donne de moi–même; j'ai le pouvoir de la donner, et j'ai le pouvoir de la reprendre: tel est l'ordre que j'ai reçu de mon Père.
Voyez aussi Jean 3.16 Car Dieu a tant aimé le monde qu'il a donné son Fils unique, afin que quiconque croit en lui ne périsse point, mais qu'il ait la vie éternelle. et encore:
1 Jean 5.12 Celui qui a le Fils a la vie; celui qui n'a pas le Fils de Dieu n'a pas la vie.
Actes 16.31 Paul et Silas répondirent: crois au Seigneur Jésus, et tu seras sauvé, toi et ta famille.

Dans tous ces passages, seule la foi compte, il n'est jamais parlé des œuvres, mais que celui qui croit ces choses obtient le salut. La foi est effectivement le seul moyen de salut, des dizaines de références le confirment. Vous en trouverez un certain nombre, avec des explications, dans "Les grands thèmes de la Bible" surtout au chapitre 12 qui est consacré à ce sujet. 

B. Au sujet des oeuvres

Reprenons Jacques 2:24, le verset le plus souvent cité à ce sujet. Mais pour le comprendre il est utile de relire tout le passage:

18 Mais quelqu'un dira: Toi, tu as la foi; et moi, j'ai les oeuvres. Montre-moi ta foi sans les oeuvres, et moi, je te montrerai la foi par mes oeuvres.
22 Tu vois que la foi agissait avec ses oeuvres, et que par les oeuvres la foi fut rendue parfaite.
24 Vous voyez que l'homme est justifié par les oeuvres, et non par la foi seulement.
26 Comme le corps sans esprit est mort, de même la foi sans les oeuvres est morte.

Nous avons ici une autre signification du mot "foi". Jacques utilise le mot "foi" pour ce qui n'est qu'une adhésion intellectuelle. En effet, on peut parfaitement admettre la validité du sang de Christ pour laver nos péchés, sans en faire l'application à soi-même. Ceux-là n'ont jamais demandé pardon à Dieu pour leurs fautes et demandé que le sang de Christ les purifie. Quelqu'un les a appelés les "malcroyants", ceux qui croient qu'ils croient...

Paul utilise le mot "foi" pour désigner la confiance totale et personnelle en l'œuvre expiatrice de Jésus-Christ. On ne peut donc pas opposer leurs points de vue, qui visent chacun un autre groupe de personnes.

Voici ce qu'écrivent deux commentateurs:

Commentaire du disciple (MacDonald)
Nous en concluons que l'homme est justifié par les oeuvres, et non par la foi seulement. Une fois de plus, rappelons que cela ne signifie pas qu'il soit justifié par la foi et les oeuvres. Le patriarche fut justifié par la foi envers Dieu et par les oeuvres envers les hommes. Dieu le justifia au moment de sa croyance en lui. L'homme dit: «Montre-moi la réalité de ta foi.» Les oeuvres bonnes sont l'unique moyen de le faire.

Nouveau commentaire biblique
Le langage suggère une prétention à la foi, un commentaire et une question. Quelqu'un dit: «J'ai la foi». Mais, commente Jacques, dans la pratique il n'accomplit aucune œuvre. La prétention et le commentaire sont imagés. Si telle est la situation, ajoute Jacques, quel avantage peut-on en retirer? «Une telle foi peut-elle sauver?» (La réponse suggérée est évidemment négative.) La prétention à avoir la foi n'est soutenue par aucune manifestation visible de sa réalité: il n'a pas les œuvres. (Donc sa foi est illusoire).

Voyons maintenant Mathieu 25.31-46. Ce passage ne concerne PAS le jugement dernier, décrit dans Apocalypse 20.11. Mais ici le Roi juge les nations. Cette section décrit le jugement des nations, qu'il ne faut pas confondre avec le jugement au tribunal de Christ, ni avec le jugement devant le grand trône blanc.

Le tribunal de Christ, où ne seront que les chrétiens pour y être examinés et récompensés, siégera après l'enlèvement (Ro 14.10; 1Co 3.11-15; 2Co 5.9, 10). La convocation devant le grand trône blanc aura lieu dans l'éternité, après le millénium. Les méchants qui seront morts seront jugés et précipités dans l'étang de feu (Apo 20.11-15).

Le jugement des nations se fera sur terre, quand Christ viendra pour régner, comme le déclare ce v. 31: Lorsque le Fils de l'homme viendra dans sa gloire, avec tous les anges, Il s'assiéra sur le trône de sa gloire. Ceci se passera donc tout au début du millenium. Si nous avons raison d'identifier cet événement avec ce que le prophète Joël décrit au chap. 3 de son livre, dans ce cas, le jugement se tiendra dans la vallée de Josaphat, à l'extérieur de Jérusalem (Joe 3.2). Les nations seront jugées en fonction du traitement qu'elles auront infligé aux frères de race de Christ pendant la tribulation (Jn 3.1, 2, 12-14; Mt 25.31-46).

6) Concernant le baptême des enfants

"Laissez venir à moi les petits enfants et ne les empêchez pas, car c'est à leur semblables qu'appartient le royaume des cieux" (Mt 19.14).

Vous avez oublié le verset 15: Il leur imposa les mains, et il partit de là. Pas la moindre allusion à un baptême! Jésus a béni les enfants, mais c'est tout.

Les enfants n'ayant pas encore le discernement complet du Bien et du Mal, (il est dit "petits" enfants), ne peuvent évidemment pas se repentir de leurs péchés. Ils ne peuvent donc être condamnés pour d'éventuelles fautes. Ceux à qui, comme eux, Dieu ne peut rien reprocher, iront au Ciel. C'est le cas de tous ceux qui ont demandé que le sang de Christ lave leurs péchés.

Il faut distinguer les 2 baptêmes dont parle la Bible, le baptême de repentance, (baptême de Jean-Baptiste), qui était le fait de reconnaître publiquement que l'on était pécheur et que l'on se repentait. Ce baptême-là n'avait aucun pouvoir de salut, car Jésus n'était pas encore mort et ressuscité.

Depuis cet instant, le baptême est un témoignage public de faits suivants:
> Je reconnais être pécheur, incapable de faire mon salut par moi-même
> J'ai demandé pardon à Dieu
> J'ai demandé que le sang de son Fils Jésus-Christ me lave de tout péché
> J'affirme ma foi dans cette doctrine et veux vivre en tant que chrétien.

Le baptême lui-même symbolise la mort de l'homme pécheur et sa renaissance en "enfant de Dieu" car celui qui se convertit devient "une nouvelle création" (2 Cor 5.17). J'ai répondu brièvement, car vous trouverez des compléments dans les réponses 18 et 98.

Au sujet de la circoncision. Avant Jésus, c'était un signe d'appartenance à Dieu. Plus exactement, cela signifiait que Dieu avait des droits sur cet homme. Cela n'impliquait en rien la conduite de l'homme, son péché, son salut ou sa perdition.

Le baptême ne joue AUCUN rôle dans le salut. C'est, comme déjà dit, un témoignage public de son engagement comme chrétien. Il est donc évident qu'un enfant en bas âge ne peut ni témoigner de sa foi, si s'engager formellement pour Dieu.

*

Voilà, j'ai répondu de mon mieux à vos questions, sans être exhaustif, évidemment... Je vous signale en complément les textes suivants sur notre site, qui pourront vous être utiles dans vos études: Les  5 "SOLI" des Réformateurs qui sont examinés pour savoir si les convictions des Réformateurs sont encore valables aujourd'hui ou s'il faut les adapter à la société actuelle.

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