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Les versions de la Bible

Question:

Pourquoi y a-t-il diverses versions de la Bible ?

Réponse:

Ce texte n'a pas la prétention de faire le tour de cette question. Ce n'est qu'un bref survol. Nous  recommandons à chaque personne qui veut l'étudier plus à fond, de lire "Une Bible et tant de versions !" d'Alfred Kuen, Editions Emmaüs, (dont l'essentiel est tiré de ces notes), ou d'autres livres analogues.

Il serait bien sûr idéal que chacun connaisse à fond l'hébreu ancien et le grec ancien ! Actuellement, il est déjà difficile de parler des choses de Dieu à la génération actuelle, pour qui des mots comme Dieu, Jésus, péché, repentance, salut, vérité, n'ont plus le sens qu'ils avaient il y a encore 50 ans. On peut trouver quelqu'un qui dit: "J'ai remis ma vie à Jésus" et qui n'est pas du tout sûr qu'un Dieu existe.
Ce problème de communication est déjà assez grand pour qu'on n'y ajoute pas encore l'étude d'autres langues, tout au moins pour le public "moyen".

Toutes les traductions se sont heurtées aux mêmes problèmes principaux, et c'est la façon de résoudre ces problèmes qui a donné la variété de versions que nous connaissons.

Versions historiques

Nous ne possédons aucun des manuscrits originaux des 66 livres de la Bible, mais seulement des copies de copies.
Pour l'Ancien Testament, nous possédons cependant, en plus de manuscrits copiés de génération en génération avec une extrême minutie, les Targoums, traductions faites en araméen littéraire après l'exil, l'hébreu étant devenue une langue étrangère pour les juifs de retour de l'exil. C'est ce texte qui a été utilisé par Jésus et ses disciples dans les synagogues.

Au 3e siècle avant Jésus-Christ, l'intérêt pour la religion juive étant grand, l'A.T. a été traduit en grec, c'est la "Version des Septante", qui était généralement utilisée par les chrétiens des premiers siècles.

Dès le 2e siècle, toute la Bible a été traduite, à plusieurs reprises, en latin. Au 4e siècle Jérôme refit toute la traduction, la plus grande partie de l'A.T. depuis l'hébreu, les Psaumes d'après la version des Septante, et le N.T. d'après divers manuscrits. Cette version a mis un demi-siècle à s'imposer et est connue sous le nom de Vulgate. Jérôme lui-même indique les livres qui ne sont pas inspirés et ne doivent pas figurer dans le Canon. L'Eglise catholique romaine les intégrera quand même plus tard sous le nom de "deutérocanoniques", alors que Jérôme les qualifiait déjà d'apocryphes.
La Vulgate est devenue la version officielle pendant tout le Moyen Age. Elle a fait autorité dans l'Eglise catholique jusqu'au 20e siècle.

Dans les siècles suivants, ce fut la Vulgate et non les originaux qui servirent de départ pour les traductions en diverses langues (français, provençal, etc). Environ 60 traductions sont conservées à la Bibliothèque Nationale de Paris. En 1229, un concile réuni à Toulouse interdit aux laïques de posséder la Bible et ordonne de détruire toute maison où on la trouverait.

Au temps de la Réforme

On connaît environ 30 traductions de la Bible en allemand, avant celle de Luther. Il commença par le Nouveau Testament, en se basant surtout sur le texte grec d'Erasme, compilation hâtive de divers manuscrits. Le N.T. de Luther contient donc quelques erreurs, mais personne à cette époque ne pouvait les déceler. Cette traduction eut un grand succès, parce qu'au lieu de faire une traduction mot-à-mot, sa préoccupation était de rendre le sens du texte, de façon à ce que l'homme de la rue comprenne le message. Ensuite, pendant 12 ans il travailla à la traduction de l'A.T. avec l'aide de tout un groupe de spécialistes, s'attachant à nouveau à rendre le sens de la phrase.

Pendant la fin du Moyen Age, des portions de la Bible ont été plusieurs fois traduites en anglais. C'est Wycliffe qui traduisit la Bible en entier vers 1380, des centaines de copies furent vendues, malgré les interdictions du roi et du pape. Au 16e siècle, 8 traductions importantes furent publiées, notamment celle de Tyndale qui fut martyrisé en 1536. La célèbre King James Version de 1611 reprend les 9/10 du texte de Tyndale. Là aussi, le même mot hébreu ou grec n'est pas toujours rendu par le même mot anglais, pour préserver le sens du texte. Cette version fut violemment attaquée et mis 40 ans à s'imposer, mais elle resta ensuite sans concurrence pendant deux siècles.

Pour le français, c'est en 1523 que Lefèvre d'Etaples traduit le N.T. d'après la Vulgate, mais en modifiant 59 passages d'après le grec. En 1530 il publie la Bible complète d'après la Vulgate. En 1535 paraît à Neuchâtel la Bible d'Olivétan, selon la Vulgate, mais Olivétan compara soigneusement le texte avec des manuscrits hébreux et grecs. L'année suivante paraît la Bible de Genève, une révision de la Bible d'Olivétan. En 1533 l'imprimeur Robert Estienne introduit la numérotation des versets (travail fait à la hâte, ce qui explique de petites divergences dans les numérotations ultérieures).

Les catholiques publient aussi un certain nombre de Bibles, toujours avec les Apocryphes. Certaines versions furent approuvées par les autorités - jamais par le pape.
En 1744 paraît le version Osterwald, réalisée hâtivement, par surcharges et ratures, à partir d'une révision faite par David Martin de la Bible de Lemaistre de Sacy. Le français était modernisé, mais les mots hébreux et grecs n'étaient pas mieux traduits.

Les versions contemporaines

Au 19e et 20e siècles

La formation des Sociétés bibliques joua un grand rôle dans la diffusion de la Bible et de nouvelles traductions.
La Bible Darby, très littérale (1859)
Bible annotée de Neuchâtel 1878-1900
N.T. d'Oltramare (1872) qui contenait déjà des options théologiques libérales (hélas)
N.T. de Stapfer (1889), qui avait pour principe d'utiliser un français accessible à chacun
Version de Lausanne, version très littéraire (du pur grec ou du pur hébreu, et très peu de bon français)

Les catholiques impriment aussi quelques autres versions. Enfin sur les dernières années du 19e siècle, paraît la Bible de l'Abbé Crampon, la première version catholique à être traduite à partir des originaux hébreux et grecs. Elle sera la Bible catholique classique jusqu'au milieu du 20e siècle.

En 1880 paraît la Bible de Louis Segond, faite à la demande des pasteurs de Genève. Cette Bible fut légèrement révisée en 1910. C'est ce texte qui est le plus répandu en français. Des révisions ultérieures ont éliminés les archaïsmes et diverses améliorations ont été apportées en tenant compte de nouveaux manuscrits découverts.

En 1910 paraît la version Synodale, due à une centaine de collaborateurs, et basée sur la version Osterwald. Elle fut révisée à chaque édition.

La version catholique de Maredsous a paru en 1950 et celle du Cardinal Liénart en 1955 et la Bible de Jérusalem en 1956, elle utilise un français de haut niveau, assez difficile à comprendre. La Bible de Jérusalem est parue en 1956. Elle est l'œuvre de 33 traducteurs principaux, assistés d'une centaine d'exégètes, d'où une assez grande disparité entre les divers livres bibliques. Elle est très prisée par les spécialistes pour la qualité de sa traduction et la vigueur de son style. Son niveau de langage se situe nettement au-dessus de celui du Français moyen. Les éditions suivantes ont considérablement réduit le vocabulaire, de 27'000 mots à 14'000 mots (le Nouveau Testament grec n'en emploie que 5'000)
Cette version, comme les autres versions catholiques contient les livres Apocryphes (voir à ce sujet la FAQ 8.

Il faut encore citer la Traduction œcuménique de la Bible (TOB), avec participation de spécialistes catholiques et protestants, les orthodoxes étant aussi consultés. Le résultat est une Bible "qui ne doit déplaire à personne", ceci au dépend de la fidélité du texte. Des éditions avec et sans notes ont paru. (Les notes sont de tendance libérale et mettent en doute les points principaux de la doctrine).

En 1971 le NT et en 1982 la Bible entière en "français courant". Le principe est simple (et l'application difficile): traduire les phrases en un français moderne, restituant le sens de la phrase, sans tenir compte des mots originaux.

En 1985, paraît la Bible d'André Chouraqui, traduction ultra-littérale, très difficile à comprendre, mais lancée à grand renfort de publicité.

Attention: La "Traduction du monde nouveau" est une falsification de la Bible, éditée par les Témoins de Jéhovah.

Note: faire attention avec la TOB, qui fait de grandes concessions aux catholiques. La Bible en français courant (comme les traductions en d'autres langues faites sur les mêmes principes) est très utile pour atteindre la population ayant un faible degré de scolarisation, ou ceux pour qui le français est une seconde langue. On ne doit JAMAIS l'utiliser pour une exégèse.
Voir également les études sur les traductions: "Bible et Réformation".

Problème 1. Le choix des manuscrits et le sens des mots

Plus haut ont été indiqués quelques sources de manuscrits pour l'Ancien Testament. Il est évident que maintenant on ne peut plus se contenter d'une traduction faite à partir du grec (encore que l'on utilise souvent la version des Septante pour comparaison), mais la traduction se fait à partir des manuscrits hébraïques.
Mais les textes les plus anciens sont parfois incomplets, il y a aussi des variantes, par exemple un nombre mal recopié (en hébreu, on utilise des lettres pour représenter des nombres).

Mais le texte lui-même n'est pas tout. Il faut encore comprendre le sens des phrases écrites dans une civilisation fort différente de la nôtre.

Exemple: Nahum 1:12 "Ainsi parle l'Eternel, quoique intacts et nombreux (littéralement "tranquilles et néanmoins nombreux"), ils seront moissonnés et disparaîtront."
Ce corps de phrase n'a apparemment pas de sens. Mais les fouilles entreprises à Ninive ont révélé des dizaines de tablettes d'argile portant ces mots: c'était une formule légale, se rapportant à la responsabilité collective.

Au 20e siècle, des fouilles systématiques faites au Moyen-Orient ont permis non seulement d'apporter des preuves historiques à certains événements, et même de retrouver la trace de peuples entiers qui n'étaient cités que dans la Bible, mais encore de mieux comprendre la civilisation de ces temps-là. Par exemple, si un mot ne figure qu'une fois ou deux dans la Bible, on ne peut donner une traduction précise que par comparaison avec des textes profanes.

Ainsi, pour aider à la traduction du Nouveau Testament, on a mis sur ordinateur tous les mots grecs connus, depuis Homère jusqu'au 5e siècle de notre ère.
Exemple: 1 Ti 2:12 "Je ne permets pas à la femme d'enseigner, ni de prendre de l'autorité sur l'homme; mais elle doit demeurer dans le silence." Ici, Paul n'utilise pas le terme habituel exousia, mais le mot très fort authenteo qui signifie être le maître absolu (seule utilisation de ce mot dans la Bible, mais utilisé 300 fois dans la littérature grecque).

Les manuscrits du Nouveau Testament

Les recherches faites au 20e siècle ont permis de trouver des manuscrits du Nouveau Testament ne datant que d'une génération ou deux après les originaux. On a ainsi des textes hautement fiables. Malheureusement, les plus anciens sont souvent incomplets ou détériorés par le temps.
Il faut donc mettre en commun tous les manuscrits. Lorsqu'il y a des variantes, on donne la préférence au texte le plus ancien, au texte trouvé à l'endroit le plus proche de l'endroit de rédaction et à celui qui a le texte s'exprimant de la façon la plus simple. Ceci est évidemment un très long travail, qui ne peut être fait que par des spécialistes, possédant une excellente connaissance du grec, (aussi de l'araméen qui transparaît parfois à travers le grec), et aussi des civilisations des temps bibliques. Exemple: Simon le Canaanite, n'était pas un habitant de Canaan, mais un zélote, mouvement révolutionnaire voulant chasser les Romains. (Canaanite est un mot araméen, signifiant zélé).
Note: il faut tant de capacités et de connaissances pour faire ces traductions, qu'il faut un peu se méfier des traductions faite par un seul homme.

Problème 2. Le type de traduction

En très bref, on peut séparer les traductions en littérales, semi-littérales, et à équivalence fonctionnelle.

En premier lieu, il faut donner au mot le sens exact. Exemple tiré du livre d'A. Kuen: L'hébreu yâm, signifie selon le contexte, la mer, les fleuves, l'Euphrate, un lac, une cuve. D'où les traductions erronées "mer d'airain" pour la cuve qui était dans le temple et "mer de Galilée" pour le lac de Galilée.

Comme difficultés supplémentaires, il faut tenir compte que la ponctuation n'existait pas. Or une simple virgule suffit à changer le sens d'une phrase. Il n'y a pas non plus de " pour encadrer une citation. Il faut donc se mettre à la place de l'auteur pour restituer le sens exact.

Note personnelle: nous savons que la Bible est un livre inspiré par Dieu. Si le traducteur ne croit pas à l'inspiration divine de l'Ecriture, il ne peut se mettre "dans la peau" de l'auteur; sa traduction sera défectueuse. (Cas de traductions faites par des théologiens libéraux, qui utilisent ensuite ces traductions pour critiquer la Bible et lui trouver des erreurs… Voir les analyses divergentes sur les manuscrits de la Mer Morte.

Dans les traductions littérales, on privilégie le sens du mot à mot, au détriment de la lisibilité et de la compréhension, voire de la grammaire de la langue cible. Un exemple de traduction littérale réussie: la version Darby.

La traduction de Chouraqui est une traduction ultra-littérale, en ce sens que non seulement le mot à mot est respecté, mais encore le même mot hébreu est toujours traduit en français par le même mot.
Note: Chouraqui désire unir les religions monothéistes. Il a traduit l'Ancien Testament, le Nouveau (à partir de l'hébreu et non du grec !) et aussi le Coran. Pour comprendre à quoi l'on peut arriver avec sa méthode, traduisez en anglais, en allemand ou en chinois les phrases suivantes en traduisant toujours "monter" par le même mot. (Exemples donnés par A. Kuen):
monter une colline - monter dans une auto - monter en grade - le blé monte - monter à Paris - les larmes lui montent aux yeux - le ton monte, etc.
On arrive à des phrases comme "Il enroute les humbles au jugement" ou "Mémorise tes matrices, IHVH, tes chérissements". Si vous comprenez ce que cela veut dire… z'avez de la chance !

Dans les versions semi-littérales, la traduction du mot est respectée, mais on tient compte de l'évolution de la langue cible, de sa grammaire, etc. pour obtenir un texte plus compréhensible. Exemple: la version Segond, classée à l'origine comme littérale est devenue "semi-littérale", son français ayant été fortement amélioré et de nombreux mots démodés remplacés.

Dans une version à équivalence fonctionnelle, une phrase peut être remplacée par une paraphrase, si le sens général équivaut à l'original. Exemple: la Bible en français courant.

Quelle version utiliser ?

Pour beaucoup, c'est une question d'habitude. On a l'habitude d'un certain langage et on s'y tient. Mais il est toujours préférable de travailler avec plusieurs versions lorsqu'on étudie à fond un texte. Il faut en tous cas que la version de base pour l'étude soit de type littéral ou semi-littéral, pour avoir un vocabulaire exact. La comparaison avec des traductions comme celle en français courant peut aider à trouver des illustrations, mais la dérive de l'original est trop forte pour servir à une étude de base, ou pour avancer des arguments basés sur le vocabulaire. Utilisez ces versions si le français est pour vous une seconde langue, ou si vous voulez un langage simplifié.

Mentionnons la version Segond (Nouvelle Edition de Genève), la version Segond 21, la Bible à la Colombe, la Bible du Semeur et, accessoirement, la version Darby.

Mentionnons aussi le CD-ROM BibleOnline des éditions CLE. Pour le vocabulaire hébreu et grec, utilisez les "Numéros Strong" qui se trouvent aussi sur ce CD.

sl&pl


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