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L'Eglise de Thyatire et Jézabel

Question:

On m'a dit que la lettre adressée dans l'Apocalypse à l'Eglise de Thyatire est importante. Mais je ne comprends pas qu'elle parle de Jézabel, puisque celle-ci était déjà morte depuis des siècles.

Réponse:

Pour répondre à votre question sur Thyatire, voici un extrait du livre "L'Apocalypse, verset par verset" de John H. Alexander, éditions Maison de la Bible. Vous trouverez ce livre au catalogue http://www.bible.ch
Vous trouverez aussi sur le site une série de messages audio l'Apocalypse, voyez la liste des émissions.

Pour une vue générale des lettres aux 7 Eglises, voyez le menu des études.

***

Lettre adressée à l'Eglise de Thyatire, Apocalypse 2:18-29

18 Ecris à l’ange de l’Eglise de Thyatire: Voici ce que dit le Fils de Dieu, celui qui a les yeux comme une flamme de feu, et dont les pieds sont semblables à de l’airain ardent:
19 Je connais tes oeuvres, ton amour, ta foi, ton fidèle service, ta constance, et tes dernières oeuvres plus nombreuses que les premières.
20 Mais ce que j’ai contre toi, c’est que tu laisses la femme Jézabel, qui se dit prophétesse, enseigner et séduire mes serviteurs, pour qu’ils se livrent à la débauche et qu’ils mangent des viandes sacrifiées aux idoles.
21 Je lui ai donné du temps afin qu’elle se repente, et elle ne veut pas se repentir de sa débauche.
22 Voici, je vais la jeter sur un lit, et envoyer une grande tribulation à ceux qui commettent adultère avec elle, à moins qu’ils ne se repentent de leurs oeuvres.
23 Je frapperai de mort ses enfants; et toutes les Eglises connaîtront que je suis celui qui sonde les reins et les coeurs, et je rendrai à chacun de vous selon ses oeuvres.
24 A vous, à tous les autres de Thyatire, qui ne reçoivent pas cette doctrine, et qui n’ont pas connu les profondeurs de Satan, comme ils les appellent, je vous dis: Je ne mets pas sur vous d’autre fardeau;
25 seulement, ce que vous avez, retenez–le jusqu’à ce que je vienne.
26 A celui qui vaincra, et qui gardera jusqu’à la fin mes oeuvres, je donnerai autorité sur les nations.
27 Il les paîtra avec une verge de fer, comme on brise les vases d’ argile, ainsi que moi–même j’en ai reçu le pouvoir de mon Père.
28 Et je lui donnerai l’étoile du matin.
29 Que celui qui a des oreilles entende ce que l’Esprit dit aux Eglises.

AVERTISSEMENT:

Ce message est très dur, il condamne implacablement les pratiques d'une Eglise qui se prétend chrétienne, et dans laquelle il y a effectivement de nombreux véritables chrétiens qui ont accepté la grâce de Dieu offerte à tous les hommes, par le moyen du sang de Jésus-Christ. Mais l'organisation de cette Eglise, comme de nombreux points de sa doctrine officielle sont en absolue contradiction avec la Parole de Dieu.

Le but n'est nullement d'offenser les croyants sincères - qui sont en très grand nombre dans cette Eglise - mais de les avertir et de leur dire ce que Dieu pense de ces doctrines.

Pour savoir comment distinguer les vrais chrétiens des autres et devenir chrétien, dans le sens que Dieu donne à ce mot, voyez "La marque distinctive du croyant".

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Thyatire, l'Eglise de la tradition

1. La ville de Thyatire

Les ruines de l'antique cité de Thyatire se dressent au milieu de la ville moderne d'Akhizar, à quelque 60 km au nord-est d'Izmir (autrefois Smyrne). En l'an 190 av. J.-C., Thyatire fut conquise par Rome. C'était une ville de peu d'importance; et pourtant, la lettre écrite aux chrétiens de cette ville est le plus long des messages adressés aux sept Eglises d'Asie.
Dans la région de Thyatire, on cultivait une plante semblable à la garance, dont la racine servait à la préparation d'une teinture rouge, d'un brillant jusqu'alors inégalé. La production d'étoffes teintes en pourpre et exportées dans le monde entier assura la prospérité de la petite ville.
A la bourse, la chimie industrielle représente aujourd'hui des valeurs sûres. Autrefois déjà, les teinturiers de Thyatire étaient probablement de gros financiers qui exerçaient une influence prépondérante sur toute la région. Ils étaient toujours plus nombreux, les rois, les princes et les gouverneurs qui portaient des vêtements teints en pourpre et confectionnés à Thyatire. Les courtiers en étoffes vendaient partout ces tissus richement colorés.
Ainsi Lydie, marchande de pourpre, originaire de la ville de Thyatire, séjournait à Philippes où elle proposait sans doute de très beaux vêtements à l'élite de la colonie romaine; c'est alors que le Seigneur lui ouvrit le cœur et qu'elle accepta le message de l'apôtre Paul. (Actes 16:14-15)

2. L'Eglise de Thyatire

Lydie fut donc la première convertie à Jésus-Christ sur terre européenne. Il est possible qu'elle devint ensuite la première missionnaire allant d'Europe en Asie et qu'elle ait regagné sa ville d'origine pour y témoigner de sa foi. L'Eglise de Thyatire aurait donc été suscitée par son moyen.

Cette communauté doit avoir connu des débuts prometteurs puisque le Seigneur s'adresse à elle en ces termes:
«Je connais tes oeuvres, ton amour, ta foi, ton fidèle service, ta constance et tes dernières oeuvres plus nombreuses que les premières» (2:1 9). 
Lorsque l'apôtre Jean rédigeait ses lettres aux Eglises à la fin du premier siècle, des traits de vieillissement et d'apostasie apparaissaient déjà dans les communautés d'Ephèse, de Sardes et de Laodicée. Mais à Thyatire, il n'y avait ni sommeil, ni tiédeur, ni abandon du premier amour. Le fidèle service (grec: diakonia, terme dont dérivent les mots diacre et diaconesse) de ces chrétiens s'épanouissait en oeuvres sociales toujours plus dynamiques, pratiquées avec persévérance et zèle. L'activité débordante dont l'Eglise de Thyatire faisait preuve contrastait avec la léthargie spirituelle caractérisant l'Eglise de Sardes. Le Seigneur a sans doute apprécié la ferveur et le haut niveau de consécration des croyants de Thyatire, toujours zélés pour agir et prêts à faire ce qui leur était demandé, et même au-delà.

Mais l'en-tête de la lettre montre que rien n'échappe aux regards du Fils de Dieu:
«Ecris à l'ange de l'Eglise de Thyatire: Voici ce que dit le Fils de Dieu, celui qui a les yeux comme une flamme de feu.» (2:18a)

Le regard du Fils de Dieu a cerné un grave interdit dans la vie spirituelle de cette Eglise, un mal qui devait être traité à la racine. Aussi ne lui ménage-t-il pas ses reproches, parce qu'il voudrait encore l'arracher à son triste état.

3. Jézabel dans l'Eglise de Thyatire

«Ce que j'ai contre toi, c'est que tu laisses la femme Jézabel, qui se dit prophétesse, enseigner et séduire mes serviteurs, pour qu'ils se livrent à la débauche et qu'ils mangent des viandes sacrifiées aux idoles» (2:20). 
Dans cette lettre, le nom de Jézabel est très significatif. Nous discernerons d'autant mieux l'imposture qui affligeait l'Eglise de Thyatire si nous nous référons aux récits de l'Ancien Testament concernant cette femme et le rôle néfaste qu'elle a joué en Israël.

a) Jézabel au IXe siècle av. Jésus-Christ.

Achab, roi d'Israël, avait mis le comble à ses péchés en prenant pour femme Jézabel, (1 Rois 16:31) fille d'Ethbaal, roi des Sidoniens. Celle-ci avait entraîné Israël dans une monstrueuse idolâtrie. Sous le règne d'Achab, 400 prophètes d'Astarté mangeaient à la table de Jézabel. (1 Rois 18:19)
Achab avait un caractère lâche et mou, alors que Jézabel était de nature autoritaire; (cp. 1 Rois 20:34, 43; 21:4,7, etc) elle faisait ce qu'elle voulait, agissant à sa guise, sachant que son mari ne lui résisterait pas; et même, elle n'hésita pas à employer le sceau royal pour ordonner le meurtre d'un innocent. (1 Rois 21:8)
Au mont Carmel, Elie avait affronté seul le peuple d'Israël et les 450 prophètes de Baal; mais ensuite, à la première menace de Jézabel, il s'était enfui, car cette femme l'avait terrifié. (1 Rois 18:19-40 1 Rois 19:2-3)
Les anciens de la ville de Jizreel furent aussi terrifiés lorsque la souveraine ordonna le meurtre de Naboth. Ils étaient pourtant convaincus de l'intégrité de cet homme accusé injustement, mais ils exécutèrent les ordres de la reine et le lapidèrent. Ils n'osèrent pas résister à «l'enseignement de Jézabel», c'est pourquoi ils firent taire leur conscience et obéirent aveuglément à la souveraine. (1 Rois 21:8-13)

b) Jézabel au premier siècle de l'ère chrétienne

Certains exégètes pensent qu'une croyante influente, peut-être la femme du responsable de l'Eglise de Thyatire, exerçait une activité despotique sur les fidèles. Elle s'érigeait en prophétesse pour les enseigner et les séduire, tout en vivant dans la débauche. (cp. Exode 15:20; Juges 4:4; 2 Chroniques 34:22; Luc 2:36; Actes 21:9) Peut-être avait-on laissé cette femme prendre des responsabilités parce qu'une autre femme, Lydie en l'occurrence, aurait été précédemment choisie par Dieu pour fonder l'Eglise elle-même.
Par son enseignement, cette Jézabel ouvrait la voie à de fausses prophétesses qui allaient enseigner la chrétienté, et provoquer de graves scissions dans son sein: Mrs Ellen Gould White chez les Adventistes, Mrs Mary Eddy Baker chez les Scientistes, Mme Blavatsky chez les Théosophes, et la liste pourrait s'allonger... C'est pour des raisons précises que l'apôtre Paul ne permet pas «à la femme d'enseigner»! (1 Timothée 2:12)

La prophétesse de l'Eglise de Thyatire entraînait les chrétiens dans l'idolâtrie. Elle les engageait à participer aux sacrifices païens et à manger des viandes que l'on avait d'abord présentées aux idoles, tout en les laissant célébrer leur culte dédié au Seigneur. Aussi, les chrétiens participaient à la fois à la table des démons et à la table du Seigneur. (1 Corinthiens 10:20-21) Le fait d'offrir ces sacrifices aux démons leur ouvrait la porte de la corporation des teinturiers, ce qui leur assurait d'importants avantages matériels. Et ce compromis ne les empêchait pas de poursuivre leurs «activités paroissiales» et de conserver «les apparences de la piété»… (2 Timothée 3:5)

c) Jézabel dans l'Histoire

En dénonçant la Jézabel de Thyatire et son imposture, le Seigneur voyait au-delà des circonstances locales de cette Eglise. Car il est une autre «Jézabel» dont l'enseignement a prévalu au cours de l'Histoire. Comme la Jézabel de Thyatire qui se disait prophétesse, cette autre «Jézabel» s'érige aujourd'hui encore en autorité infaillible: lorsque les chefs de l'Eglise catholique publient leurs encycliques et les décisions de leurs conciles, ils enseignent les fidèles, tandis que la principauté spirituelle de Rome séduit ses serviteurs qu'elle asservit corps et âme. Pendant des siècles ceux-ci n'ont pas osé remettre en cause le système. Et si de nos jours il y a certaines réactions, elles sont encore plus ou moins contrôlées par l'autorité de l'Eglise romaine.

Que de fois cette «Jézabel» s'est heurtée à des hommes justes comme Naboth, également attachés à leur héritage spirituel, et elle est allée jusqu'à les supprimer, par l'intermédiaire du bras séculier. En faisant publier un jeûne et en accusant Naboth d'avoir maudit Dieu et le roi, la reine Jézabel avait camouflé son meurtre sous une apparence de piété. (1 Rois 21:9-10) Or des faits semblables se sont répétés maintes fois dans l'Histoire. Par exemple, en 1685, Louis XIV, le roi «très chrétien», ordonna la révocation de l'Edit de Nantes. Comme la perfide Jézabel, l'Eglise catholique utilisa alors le sceau du roi et son autorité pour commettre son crime inqualifiable. Les annales de l'Histoire regorgent de récits où, à l'exemple des anciens de la ville de Naboth, les serviteurs des pouvoirs publics se sont conformés à la lettre aux instructions qu'ils avaient reçues; ils infligèrent ainsi de terribles supplices aux témoins de Christ, et cela au nom d'une religion qui se prétendait très sainte.

4. Le nom de Thyatire

Les noms des Eglises mentionnées dans l'Apocalypse ont une signification étymologique étroitement liée à leur état spirituel. Il en est de même du terme Thyatire qui dérive du verbe thuõ = sacrifier; ce mot fait allusion à un drame séculaire: toute la dogmatique catholique gravite autour du sacrifice de la messe auquel les fidèles sont plus ou moins astreints. Chaque dimanche et même chaque jour, le prêtre offre à nouveau «le corps, le sang, l'âme et la divinité de Jésus-Christ sous les espèces du pain et du vin» (tel est le sens de la transsubstantiation, selon le dogme catholique).

L'Eglise romaine n'a jamais voulu souscrire au principe du salut définitivement acquis par Jésus-Christ à la croix. Elle n'a pas réellement admis la plénitude de l'œuvre sacrificielle de Christ, confirmée par les mots «tout est accompli», (Jean 19:30) et elle a toujours tenu à ajouter des mérites humains au sacrifice du Seigneur. Aussi impose-t-elle à ses adeptes un rite constamment renouvelé, ce qui est la démonstration tangible de l'insuffisance de ce rite. (cp. Hébreux 10:2) Ce «sacrifice» est incapable d'apporter aux vivants des certitudes quant au sort des trépassés, et il ne leur communique aucune assurance quant à leur propre sort éternel. C'est un système perfide où le catholique ne satisfait jamais les exigences de son Eglise; il est donc dans l'obligation de sacrifier encore et toujours... et comme le déplorent beaucoup de fidèles, de débourser encore et toujours!

Pendant des générations, d'innombrables catholiques sincères se sont pliés à ces prescriptions. En plaçant l'enseignement de ses traditions au niveau de la Révélation divine, l'Eglise romaine a fait preuve d'une habileté perfide qui a asservi des multitudes de croyants.

5. La patience de Dieu à l'égard de l'Eglise de Thyatire

«Ce que j'ai contre toi, c'est que tu laisses la femme Jézabel...» (2:20a)
Le catholicisme laisse «Jézabel», cette principauté spirituelle, poursuivre son enseignement; elle continue de dominer et de séduire d'innombrables fidèles. Cependant, Dieu patiente avant de juger; il propose encore la voie de la repentance à cette religion vaine qui, sans le savoir, prépare aujourd'hui l'avènement de la grande prostituée, ivre du sang des saints. (Apocalypse 17:4-6)
«Je lui ai donné du temps, afin qu'elle se repente, et elle ne veut pas se repentir de sa débauche.» (2:21)

Jézabel survécut plus de douze ans à son mari Achab; le jour même de sa mort, elle se fardait encore le visage pour mieux séduire. (2 Rois 9:30) De même aujourd'hui, l'Eglise romaine, avec laquelle Dieu patiente depuis si longtemps, veut se faire passer pour meilleure qu'elle n'est, afin que le monde oublie les crimes perpétrés autrefois en son nom.

Cependant les suppliques des victimes de l'Inquisition ont atteint le trône de Dieu; le Seigneur leur fera droit, même si aujourd'hui il patiente encore en retardant le plus possible le jour de sa vengeance. (cp. 2 Pierre 3:9) D'innombrables témoins d'autrefois ont succombé sur les bûchers, sur les galères et par d'autres supplices inventés par l'Inquisition; ils sont invités aujourd'hui, comme les martyrs de la grande tribulation le seront demain, à attendre encore que le nombre de leurs compagnons d'infortune soit complet, et à «se tenir en repos»,(cp. Apocalypse 6:10-11), puisqu'ils ne parviendront pas sans nous à la perfection et à la récompense qui leur est réservée". (cp. Hébreux 11:39-12:1; 2 Timothée 4:6)

Mais si Dieu patiente, sa patience prendra fin un jour. Juste retour des choses, le jugement de la principauté spirituelle de Rome surviendra aussi certainement qu'est survenu celui de Jézabel, dont les chiens ont léché le sang dans le champ de Jizreel, selon la parole d'Elie. (cp. 1 Rois 21:23; 2 Rois 9:36) L'édifice que le catholicisme a échafaudé au fil des siècles se fissure déjà, car de son trône, Dieu pèse les responsabilités accumulées devant Lui jusqu'à ce jour, et commence à juger les vrais coupables...

6. Jugement sur l'Eglise de Thyatire

Il est temps maintenant de revenir à la salutation du Seigneur introduisant la lettre à l'Eglise de Thyatire:
«Voici ce que dit le Fils de Dieu, celui qui a les yeux comme une flamme de feu, et dont les pieds sont semblables a de l'airain ardent.» (2:1 8)

Comme une flamme de feu, les regards du Fils de Dieu – pas du fils de Marie – ont d'avance percé les âges obscurs du Moyen Age pour dévoiler prophétiquement la principauté spirituelle qui allait progressivement s'installer au sein de l'Eglise de Rome. Ses regards foudroyants se sont posés sur ce qu'il réprouvait dès l'origine. Mais il n'a pas seulement des yeux comme une flamme de feu, il a aussi des pieds semblables à de l'airain ardent, ce qui est le symbole d'un jugement impitoyable: (Esaïe 63:1-6; cp. Deutéronome 33:25; Job 40:13; Daniel 7:19; Michée 4:13; Malachie 4:3)
«Voici, je vais la jeter sur un lit, et envoyer une grande tribulation à ceux qui commettent adultère avec elle, à moins qu'ils ne se repentent de leurs oeuvres. Je frapperai de mort ses enfants, et toutes les Eglises connaîtront que je suis celui qui sonde les reins et les cœurs, et je rendrai à chacun de vous selon ses oeuvres.» (2:22-23)

Après le lit de l'adultère, celui des souffrances; après la naissance d'enfants illégitimes, leur mort, en conséquence du jugement de Dieu, comme ce fut le cas pour le fils que Bath-Schéba enfanta à David. (Jérémie 3:8; 5:7; Ezéchiel 16:22)

Et le châtiment sera public, afin de servir d'exemple. C'est devant tous que le Seigneur dévoilera, au jour des règlements de compte, les agissements perfides de la Jézabel médiévale... qui n'a pas encore cessé d'enseigner et de séduire! (2 Samuel 12:13-23; cp. 2 Rois 10:7; Ezéchiel 33:26-27, cp. 1 Timothée 5:20)

7. Les victimes innocentes de Thyatire

Mais si, dans la lettre à l'Eglise de Thyatire, le Fils de Dieu juge le système séculaire préfiguré par la Jézabel de Thyatire, il fait la différence entre les responsables et leurs victimes. A l'heure où d'innombrables fidèles sont déconcertés par les orientations nouvelles prises par leur Eglise, quel réconfort pour eux de découvrir dans cette lettre apostolique l'attitude de Jésus-Christ Lui-même à leur égard:

«A vous, à tous les autres de Thyatire qui ne reçoivent pas cette doctrine, et qui n'ont pas connu les profondeurs de Satan, comme ils les appellent, je vous dis: Je ne mets pas sur vous d'autre fardeau; seulement, ce que vous avez, retenez-le jusqu'à ce que je vienne.» (2:24-25)

Le Fils de Dieu voit l'amour, la sincérité et aussi la perplexité de ces multitudes qui n'ont pas eu le privilège d'être enseignées dans la vérité biblique. Il a mesuré la charité profonde des nombreux fidèles des temps passés qui ont suivi le Seigneur avec les lumières qui étaient les leurs; et aujourd'hui Jésus-Christ voit ceux qui fléchissent les genoux devant Lui et l'aiment de tout leur cœur. Non seulement il ne met aucun autre fardeau sur leurs épaules, mais il les engage à retenir ce qu'ils ont jusqu'à son retour. (cp. Esaïe 42:3; Actes 15:28) Et comme au temps de Jézabel et d'Achab, Dieu se réserve à nouveau «7000 hommes qui n'ont pas fléchi les genoux devant Baal», c'est-à-dire un peuple de vainqueurs qui honorent le Seigneur. (1 Rois 19:18; Romains 11:4)

En outre, le Seigneur pèse la responsabilité que portent les autorités supérieures de l'Eglise romaine. Il désapprouve la politique d'opportunisme du Vatican et son autorité despotique exercée sur des millions de croyants. Pendant des siècles, ces derniers ont été instruits à recourir à l'Eglise comme à une mère nourricière, et à s'incliner devant son magistère, ses princes, son enseignement et ses traditions. Crime de lèse-majesté, l'Eglise romaine s'est attribuée un rôle de premier plan, en usurpant une place qui n'appartient qu'à Christ et en éclipsant son oeuvre salvatrice.

8. Des vainqueurs qui doivent sortir de l'Eglise de Thyatire

Ceux qui désirent servir Dieu mais qui sont enseignés et séduits par «Jézabel» deviennent aveugles et sourds, au point de ne plus pouvoir reconnaître le Fils de Dieu, ni entendre sa voix. Que de chrétiens sincères des temps passés se sont laissé corrompre par les séductions de cette «Jézabel» qui, en pleine chrétienté, a souillé les esprits!

L'Ecriture propose un seul remède à cette situation: c'est la séparation. Pour retrouver le contact avec le ciel et entendre à nouveau la voix du Fils de Dieu, il faut se dégager de l'atmosphère enveloppante des «profondeurs de Satan».

La séparation n'est pas proposée uniquement aux vainqueurs résidant à Thyatire, elle est aussi demandée à ceux qui se trouvent à Sardes et à Laodicée, c'est-à-dire au sein de confessions et d'œuvres chrétiennes qui ont sombré dans les compromis, le libéralisme, la mondanité, la tiédeur et l'apostasie.

Cette séparation est comme évoquée, dans les quatre dernières lettres aux Eglises d'Asie, par le déplacement de la phrase: «Que celui qui a des oreilles pour entendre entende ce que l'Esprit dit aux Eglises». Dans les lettres aux Eglises d'Ephèse, de Smyrne et de Pergame, l'avertissement précède la promesse aux vainqueurs. Dès la lettre à Thyatire, il la suit, comme pour démontrer que seuls les vainqueurs séparés du mal peuvent encore écouter la voix de l'Esprit. Selon cette interprétation, les vainqueurs doivent être revêtus de courage pour se détacher de l'ensemble et prêter l'oreille aux appels du Seigneur, que la masse christianisée n'écoute déjà plus...
Beaucoup de croyants sont, hélas, incapables de prendre position face à ce que le Seigneur réprouve. Ils se laissent subjuguer par des promesses flatteuses: «Restez dans notre Eglise; nous avons besoin de vous; il nous faut des hommes de votre trempe; vous pourrez faire parmi nous tout ce que vous voudrez, car nous vous laisserons les coudées franches !»

Parce que l'on redoute l'opprobre supporté par la minorité agissante, on s'accroche désespérément à la majorité enveloppante. Et l'on berce sa conscience de raisonnements rassurants, allant jusqu'à fermer ses oreilles au message du Nouveau Testament qui s'exprime en ces termes, par la plume de l'apôtre Paul:
«Sortez du milieu d'eux,
Et séparez- vous, dit le Seigneur;
Ne touchez pas à ce qui est impur,
Et je vous accueillerai,
Je serai pour vous un Père,
Et vous serez pour moi des fils et des filles,
Dit le Seigneur tout-puissant.»
(2 Corinthiens 6:17-18)
Et l'appel divin deviendra plus pressant encore: «Sortez du milieu d'elle (de Babylone), mon peuple, afin que vous ne participiez point à ses péchés, et que vous n'ayez point de part à ses fléaux. Car ses péchés se sont accumulés jusqu'au ciel, et Dieu s'est souvenu de ses iniquités.» (Apocalypse 18:4-5)

9. Récompenses promises aux vainqueurs sortis de l'Eglise de Thyatire

L'Eglise de Thyatire accomplissait des oeuvres, et ses dernières oeuvres étaient plus nombreuses que les premières. (Apocalypse 2:19) Aussi le Seigneur prévient-il ses membres: «Je rendrai à chacun de vous selon ses oeuvres.» (2:23)

Cependant il montre au vainqueur quelque chose de plus grand, de plus glorieux et de plus durable: «A celui qui vaincra, et qui gardera jusqu'a la fin mes oeuvres, je donnerai autorité sur les nations.» (2:26)

Tes oeuvres (v. 19)... vos oeuvres (cp. v. 23)... MES oeuvres (v. 26)! Quelle gradation, ou plutôt quel contraste flagrant! Sommes-nous bien sûrs d'être engagés dans Ses oeuvres ? Ou bien nous complaisons-nous dans les nôtres?

Pendant des siècles, l'Eglise catholique a cru faire l'œuvre de Dieu en prenant autorité sur les nations. Pourtant, en agissant ainsi, elle ne recherchait pas les intérêts de Christ, mais les siens.
Si la chrétienté s'est efforcée d'accaparer le pouvoir temporel, l'enfant de Dieu qui veut accomplir les oeuvres de son Seigneur doit s'attendre à être rejeté;(cp. Jean 6:29; 14:12) il est «étranger et voyageur sur la terre» (Hébreux 11:13; 1 Pierre), parce qu'il est citoyen d'une meilleure patrie. (cp. Hébreux 11:14-16) Il sait donc qu'ici-bas aucune Eglise n'a le droit d'usurper l'autorité universelle qui n'appartient qu'à Jésus-Christ, son maître divin. N'est-il pas écrit: «Le sceptre ne s'éloignera point de Juda... jusqu'à ce que vienne celui à qui appartient le sceptre»? (Genèse 49:10 litt.)

Dans cette perspective, la promesse au vainqueur de Thyatire revêt une importance bien particulière: «A celui qui vaincra, et qui gardera jusqu'à la fin mes oeuvres, je donnerai autorité sur les nations. Il les paîtra avec une verge de fer, comme on brise les vases d'argile, ainsi que moi-même j'en ai reçu le pouvoir de mon Père.» (2:26-27)

L'œcuménisme prépare progressivement et sûrement une dictature religieuse mondiale. Lorsqu'il aura achevé d'abattre les dernières barrières ecclésiastiques, il lui sera aisé d'engager ses adeptes à reconnaître le pape comme chef de la chrétienté universelle.

Pourtant, Jésus-Christ seul est digne de porter le titre de chef de l'Eglise dont il est la tête. C'est à lui qu'appartiennent le règne, (Ephésiens 1:21-23) l'honneur et la gloire. N'est-il pas écrit de lui: «Je suis le rejeton et la postérité de David, l'étoile brillante du matin»? (Apocalypse 22:16) Et le psalmiste, n'a-t-il pas annoncé au Psaume 2 la domination universelle du Fils de Dieu?
«Pourquoi ce tumulte parmi les nations,
Ces vaines pensées parmi les peuples ?
Pourquoi les rois de la terre se soulèvent-ils
Et les princes se liguent-ils avec eux
Contre l'Eternel et contre son oint ?...
Celui qui siège dans les cieux rit,
Le Seigneur se moque d'eux...
L'Eternel m'a dit: Tu es mon Fils!
Je t'ai engendré aujourd'hui.
Demande-moi et je te donnerai les nations pour héritage,
Les extrémités de la terre pour possession;
Tu les briseras avec une verge de fer,
Tu les briseras comme le vase d'un potier.»
(Psaume 2:1-2; 4:7-9; cp. Apocalypse 12:5; 19:15)

Jésus-Christ détient de son Père le pouvoir, mais il entend le partager avec ceux qui s'enrôleront dans l'armée des vainqueurs. Et comme le Seigneur désire que les siens participent à son règne, il les encourage à ne pas se laisser circonvenir par la chrétienté apostate, mais à s'en détacher et à le suivre fidèlement. (cp Daniel 7:18, 22:27; Matthieu 19:28; Luc 12:32; Romains 8:17; 1 Corinthiens 6:2-3; 2 Timothée 2:12; Apocalypse 3:21)
«Seulement, ce que vous avez, retenez-le jusqu'à ce que je vienne.» (2:25)
Qu'il nous soit donné, qu'il me soit donné, de retenir ses oeuvres jusqu'à ce qu'il vienne!

La lettre à l'Eglise de Thyatire se conclut par deux phrases :
1) «Et je lui donnerai l'étoile du matin.» (2:28)
Cette promesse s'illumine à la clarté de la déclaration apostolique qui affirme: «Nous tenons pour d'autant plus certaine la parole prophétique à laquelle vous faites bien de prêter attention, comme à une lampe qui brille dans un lieu obscur, jusqu'à ce que le jour vienne à paraître et que l'étoile du matin se lève dans vos cœurs.» (2 Pierre 1:19)
Que dès maintenant Christ, l'étoile du matin, se lève dans nos cœurs, parce que la parole prophétique aura brillé pour nous comme une lampe dans un lieu obscur!

2) «Que celui qui a des oreilles entende ce que l'Esprit dit aux Eglises.» (2:29)

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