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L'idole de l'homme rationnel

"Regards sur l'Occident" (1/6)

Claude-Alain PFENNIGER

«... ayant connu Dieu, ils ne l'ont point glorifié comme Dieu, et ne lui ont point rendu grâces; mais ils se sont égarés dans leurs pensées...» Epître de Paul aux Romains, 1.21

Le chrétien a parfois tendance à fustiger la raison. Assimilée à la présomption intellectuelle, voire à l'orgueil, cette faculté lui apparaît comme l'alliée du péché et du malheur.

Chrétien ou non, mon lecteur s'attend pourtant à ce que l'article qu'il entame soit substantiel, clairement structuré et logique. Dans sa vie privée, ce même lecteur s'efforce sûrement de donner aux diverses entreprises dont il se sent responsable le même caractère d'ordre, de maîtrise et de clarté.

La raison serait donc tantôt nécessaire, et tantôt haïssable. Tout dépend, comme on dit, du «contexte». Mais alors, comment cerner le contexte qui permet l'épanouissement de la raison, et définir celui qui la rend délinquante? Le chrétien évangélique, se fondant sur une déclaration biblique comme celle qui figure en exergue, répondra fort justement que la raison de l'homme «naturel» est dépravée, marquée par la Chute, incapable de conduire l'homme vers le bonheur et de lui ouvrir les portes du salut. Il ajoutera que le chrétien authentique échappe à cette fatalité, car Jésus-Christ habite en lui, la Bible lui sert de boussole, et le Saint-Esprit illumine sa raison défaillante.

Pratiquement, les choses ne sont pourtant pas vécues ainsi en permanence. Un grand nombre de non-croyants parviennent à faire fonctionner leurs facultés mentales pour le bien commun de l'humanité, et les chrétiens n'ont pas toujours brillé par leur sagesse, ni par leur profondeur intellectuelle, ni même par leur bon sens.

La réalité de la vie quotidienne (qu'elle soit rébarbative ou motivante) impose que tous, croyants, athées, sceptiques, ou agnostiques, se comportent de manière aussi «raisonnable» que possible, sous peine d'être vite disqualifiés. Par ailleurs, il arrive à tous de se trouver pris en flagrant délit de déraison, ou d'inconséquence, comme si le Raisonnable (la «sagesse») ne mûrissait qu'en contrepartie d'un certains nombre d'égarements. Alors, est-ce la raison qui engendre la folie, ou la folie qui finit par imposer la raison? Et au râtelier des dons de la Providence, quelle place assigner à la raison?


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