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Le mariage: une alliance

Par Frank Horton
Etude tirée de la revue Promesses

Dans l'Ancien Testament le mot alliance (héb. berîth) renferme l'idée d'un engagement solennel qui lie ensemble deux partis. Il a un usage ordinaire, rare. lorsque les deux partis sont des hommes qui signent un contrat, et un usage fréquent, plus particulièrement religieux dès lors qu'il s'agit d'un contrat entre Dieu et les hommes (toujours proposé par Dieu: cf. les alliances successives avec Adam, Noé, Abraham, Moïse, David, etc.). Or, il est aussi question, occasionnellement, d'une alliance contractée à l'occasion d'un mariage: faut-il classer celle-ci dans la première ou la seconde catégorie? Les deux semble-t-il, car un livre apocryphe (Tobie 7.13), évoque la coutume selon laquelle le père de la mariée formulait les termes du contrat du mariage. D'autre part la notion d'alliance dans le mariage donne à celui-ci une dimension religieuse, comme nous allons voir.

Trois textes de l'Ancien Testament rattachent l'alliance au mariage, pour souligner et promouvoir, d'abord, la notion de la fidélité conjugale. Dans Proverbes 2, la sagesse, la connaissance, la réflexion et la raison (v. 10, 11) collaborent, interviennent pour te délivrer (le «fils» du v. 1) de la courtisane, de l'étrangère aux paroles doucereuses, qui abandonne l'ami de sa jeunesse, et qui oublie l'alliance de son Dieu (v. 16. 17).
La femme «étrangère», ou «lascive, libertine», bien qu'ici mariée à un autre a, en provoquant une liaison adultère, oublié l'alliance de son Dieu, donc bafoué son engagement conjugal et transgressé le commandement de Dieu. Abandonner son époux légitime équivaut à un oubli, plus, à un refus délibéré d'un engagement solennel pris devant Dieu. Le mariage apparaît ici comme un contrat arrêté en présence de Dieu et aussi, dans un certain sens, avec lui. Bien que le Pentateuque ne mentionne pas de rites sacrés, publics, associés à la cérémonie du mariage, il paraît clair que de tels rites accompagnaient le mariage chez les Israélites (nous y reviendrons à la fin de notre article). Ironie de la leçon: Salomon avertit son fils au sujet du péché dont, par la suite, il deviendra lui-même coupable. Ainsi, par la bonté de Dieu, ses paroles deviennent l'antidote au poison de son propre exemple funeste et corrupteur.

Le texte d'Ezéchiel 16.8 va dans le même sens, quoique avec encore plus de force. L'Eternel s'adresse à Jérusalem comme à une fiancée: Je passai près de toi, je te regardai, et voici que ton temps était là, le temps des amours. J'étendis sur toi le pan de mon manteau, je couvris ta nudité, je te fis un serment, je contractai une alliance avec toi, - oracle du Seigneur, l'Eternel, et tu fus à moi.
Conformément aux coutumes de l'époque, l'Eternel, dans ce langage imagé, couvre son élue du coin de son manteau, signifiant par ce geste qu'il s'intéresse à elle, et la prend sous sa protection dans le but de lui conférer l'honneur des fiançailles puis du mariage (cf. Ruth 3.9). Nous pouvons rapprocher cette image (de l'alliance en vue du mariage) de cette autre alliance solennelle, contractée par Dieu grâce à laquelle Israël, devenu une nation, a été formellement reconnu comme peuple appartenant à Dieu (Ex. 19; 20. 2,5; 25; etc.). Ce rapprochement met en relief le sérieux, la solennité, dans la pensée des auteurs bibliques, de l'alliance du mariage, et cela d'autant plus que l'apostasie de Jérusalem est qualifiée de prostitution (v. 15ss), d'un abandon scandaleux aux yeux du divin Epoux et punissable par Celui-ci du plus sévère des châtiments (v. 35ss).


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