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Jeannot pendant la guerre - Le plus beau cadeau

– Dis, maman! quand est-ce que la guerre sera finie?

– Ah! mon petit Jeannot... cela, personne ne peut le dire. Mais avant que tu ne partes à la maternelle, viens! Nous allons prier pour papa, comme chaque matin. Heureusement que nous avons enfin reçu des nouvelles. Il doit être bien, en Suisse!

Décembre 1940... la guerre continue, un peu différente, maintenant que l'armée ennemie occupe la France. Les vrais patriotes n'ont pas accepté la capitulation de leur pays. Ceux qui le pouvaient se sont regroupés. A présent, ils forment une armée secrète qu'on appelle la Résistance. Par tous les moyens possibles, ils cherchent à gêner l'ennemi : tantôt c'est un pont qui saute juste avant le passage d'un train rempli de soldats d'occupation, tantôt de faux renseignements circulent pour créer du désordre.

Dans dix jours, ce sera Noël. Jésus-Christ est venu apporter la paix sur la terre, mais les hommes ne l'ont pas voulue! Lydie prépare une petite fête pour ses enfants et quelques chrétiens de l'endroit.

Pendant ce temps, les soldats français réfugiés en Suisse trouvent le temps bien long, dans leur cantonnement:
– Il paraît que nous allons subir un examen médical très sérieux...
– Oui, un comité de médecins va prendre une décision à notre sujet.

Qu'est-ce qu'on fera de nous? Il est vaguement question que certains rentrent en France.
– Que ce serait beau de revoir les nôtres! Mes garçons, Etienne et Jeannot, doivent avoir bien grandi!
– Pour toi aussi, ça fera le deuxième Noël loin de la maison!

Jean est arrivé en Suisse épuisé. Malgré les soins reçus, il se sent encore bien faible. Un matin, dans le dortoir qu'il partage avec quinze camarades, il lit dans sa Bible: "O Dieu... lève ta main! N'oublie pas les malheureux! Tu regardes, tu vois la peine et la souffrance, pour prendre en main leur cause... tu entends les voeux de ceux qui souffrent, ô Eternel! Tu affermis leur coeur; tu prêtes l'oreille pour rendre justice à l'orphelin et à l'opprimé." (Psaume 10:12-17)

Alors il se met à prier avec persévérance. Il demande à Dieu que ces beaux versets se réalisent pour ses camarades et pour lui.

Quelques jours plus tard, on donne connaissance d'une décision de la commission médicale: tous ceux de cette chambre seront rapatriés! Ils partiront par le premier train d'internés quittant la Suisse. Quelle joie, et quelle impatience d'arriver!

Le voyage est long, les trains ne vont pas vite!

23 décembre: après la grande plaine, voici quelques vallées aux riants villages dont les toits moussus se cachent sous les châtaigniers. On est dans les Cévennes. Enfin, c'est Saint-Hippolyte-du-Fort, la localité où la famille de Jeannot est installée.

Un voyageur sort de la gare. De son domicile, il ne connaît que l'adresse. Il doit se renseigner, mais...
– Oh! Monsieur! N'êtes-vous pas le papa de Jeannot? demandent deux jeunes filles aussi stupéfaites que lui.
– Oui, c'est moi! Mais comment me connaissez-vous? Je ne suis jamais venu ici!
– Nous sommes chrétiennes, Monsieur. Bien souvent, chez vous, nous avons prié avec votre chère femme. C'est là que nous avons vu votre photo. Il y a longtemps qu'on attendait votre retour!

Et sans perdre une minute, l'une des jeunes filles court en avant pour avertir la famille, tandis que l'autre sert de guide.

Quelques minutes plus tard... Tapa-roumpli-boum! Un bruit insolite secoue toute la cage d'escalier. Que se passe-t-il? Quelqu'un aurait-il manqué l'une des vieilles marches de bois? On se précipite, mais... personne!

Bien sûr, il n'allait pas attendre. Jeannot a déjà détalé comme un lièvre. Pour aller à la rencontre de son père, il fallait bien courir. Dès qu'il a appris la bonne nouvelle, il s'est posté à la fenêtre jusqu'à ce qu'il voie poindre une silhouette connue, au bout de la rue. Alors, descendant l'escalier quatre à quatre, l'enfant a filé comme une flèche pour être le premier au grand rendez-vous.

Il saute au cou de son père, l'embrasse plusieurs fois, puis lui prend la main pour le conduire à la maison. Jeannot est fier comme un soldat qu'un supérieur va décorer :
– Viens, papa! On habite là-haut. Tu verras que j'ai bien pris soin de maman!

Le surlendemain, c'est Noël. Il n'y a pas le moindre bonbon pour les enfants – c'est la guerre – mais quelle joie dans les cœurs!
– Papa est rentré: c'est le plus beau cadeau qu'on pouvait recevoir!

Texte: Samuel Grandjean


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