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Jeannot et ses exploits - Les enfants du deuxième

Belfort, rue de la République... une certaine maison grise... Tiens! Justement deux personnes en sortent. L'une est la propriétaire. L'autre, future locataire, prend quelques renseignements:

– Et la famille du deuxième?

– Alors je peux tout de suite vous rassurer: Vous n'aurez pas d'ennuis avec eux. D'ailleurs ce sont de vrais chrétiens. Quel dévouement, quand j'étais malade. Les enfants sont pleins de vitalité, mais que voulez-vous... après ces années de guerre! Heureusement, les parents sont fermes et savent ouvrir les yeux. Sans cela, Etienne et Jeannot en inventeraient tous les jours une autre !

– Ah, vraiment?
– Comme je vous le dis! Tenez! l'autre après-midi... c'était jeudi, je crois. Je venais d'étendre ma lessive dans la cour. Je tricotais devant la fenêtre ouverte, histoire de prendre un moment de repos. Tout à coup, il me semble entendre tomber quelques gouttes. On a toujours peur de la pluie quand on fait sécher du linge... Je lève les yeux. Que vois-je? Là-haut, à la fenêtre du deuxième... une main... un bras... puis la tête d'Etienne qui se montre. Et hop! Le petit crapaud envoie encore un noyau de cerise sur mes draps tout blancs! Inutile de vous dire que le jeu s'est vite terminé par une bonne fessée, comme l'autre dimanche, quand un passant a failli recevoir un sachet d'eau sur la tête! L'aîné de dix ans était dans le coup, cette fois!

Jeannot, Etienne et Daniel ne sont pas des anges. Ils ont de l'énergie à revendre.
Un après-midi, Etienne et Jeannot gambadent jusqu'à l'étang voisin. Canne à pêche, hameçon, fil de rechange, bouchon, boîte d'asticots dodus, ils ont tout pour que le poisson morde. Il ne manque qu'un peu d'expérience, mais la patience est là. Le fil plonge... le bouchon flotte, créant de jolies petites ondes circulaires qui courent l'une après l'autre jusqu'au bord de l'eau. Les heures passent. Rien! On se concentre au point d'oublier le casse-croûte prévu pour quatre heures. On essaie tous les trucs: tantôt l'amorce glisse lentement en surface, tantôt elle avance par saccades, en profondeur. On imagine même de tirer brusquement, dans l'espoir d'attraper un poisson par la queue! Mais rien... toujours rien!

Les deux frères n'entendent pourtant pas rentrer bredouilles, eux qui ont promis de pourvoir au menu du prochain repas. Cependant leur ténacité reste sans récompense. Ils doivent penser au retour. Chemin faisant, ils ne parlent plus guère. Mais soudain, ils croisent un bohémien...
– Dis, Etienne! Tu as vu ce qu'il tenait dans sa main?
– Non! pourquoi?
– Parce que... ça pourrait nous arranger... il porte un poisson !
– Alors, retournons vite sur nos pas, et achetons-le-lui!... mais on n'a pas de sous !
– Tant pis! On peut essayer de lui proposer notre casse-croûte!

Bientôt, les deux garçons rentrent triomphalement avec un misérable poisson qu'ils n'ont même pas pêché. Ce soir, à la maison, le menu sera tout de même un peu différent!

Texte: Samuel Grandjean


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