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Jeannot et ses exploits - La libération

– Les voilà! Enfin ils arrivent!

C'est le cri qu'on entend partout en ce mois de septembre. De violents combats ont fait fuir l'armée d'occupation. Place aux libérateurs. Enfin les sirènes vont se taire. Enfin les abris resteront vides. Enfin l'on trouvera quelque chose dans les magasins!

Quelle joie d'oser sortir sans crainte des bombes! Jeannot ne possède qu'un jouet. Il l'a «gagné» lui-même en nettoyant des greniers. C'est un ballon de cuir. Dès que les devoirs d'école sont terminés, hop. il est dehors avec Etienne.

Dans les rues, dans les familles, sur les visages, partout la guerre a laissé des traces. Jeannot et son frère Etienne auraient bien besoin d'un changement d'air. Heureusement, un ami de la famille les invite et les emmène chez lui, en Suisse, dans un joli village.

– Que c'est beau, ici! Tout est vert! C'était déjà comme ça, quand je suis venu la première fois?
– Bien sûr, Jeannot! Mais Etienne n'était pas avec toi!

Quel contraste entre les ruines de Saint-Etienne et ce riant village de Pomy, près d'Yverdon et du beau lac de Neuchâtel!

Plusieurs familles invitent nos deux garçons pour le seul plaisir d'entendre leur accent sympathique. Et chaque fois, ils reçoivent du bon chocolat suisse! Que de trouvailles ils font chez le si gentil garagiste qui les reçoit! Avec quatre roulements à billes, les deux frères arrivent un matin chez le menuisier du village, encore un de leurs amis...

– Pas besoin d'explications! dit l'artisan. Vous l'aurez après-demain, votre chariot, et assez grand pour tous les deux!

Quelle aubaine! D'autant plus qu'entre Pomy et Yverdon, il y a une descente de plusieurs kilomètres sur une route pleine de virages...
– Ah, ces «petits Français»! entend-on parfois, ils veulent vraiment rattraper les heures de jeu que la guerre leur a volées !

Pendant ce temps, les parents déménagent à Belfort. C'est là qu'Etienne et Jeannot les rejoindront à la fin des vacances. Ce sera pour eux leur premier voyage, seuls.

Ils n'avaient qu'une valise, en venant. Ils en ont deux maintenant, et bien remplies. Le train quitte Yverdon. Ils devront changer à Bienne, à la fin du deuxième lac qu'ils verront.

Quand le contrôleur passe, il faut du temps à Jeannot pour trouver les billets. Dix fois pourtant, on lui avait répété qu'ils étaient dans cette poche. Enfin, les voilà...

– Mais avec ça, il nous a fait perdre notre lac! Est-ce qu'on en est au premier ou déjà au deuxième? Bon! maintenant le train commence à freiner... Hop! les valises dans le couloir! Non, ce n'est que Neuchâtel !

Deux heures plus tard, à la frontière, Jeannot doit ouvrir sa valise.
– Qu'est-ce que c'est, toutes ces boîtes de lait? demande le douanier.
– Oh! ça alors... ils sont bien gentils d'en avoir mis autant! Vous savez, c'est parce que maman attend un petit frère qui doit naître en novembre. C'est encore loin, Belfort?
– Pas trop! Fermez-moi vite cette valise!

Enfin les deux enfants arrivent à destination. Quelle joie de se retrouver en famille! Et que de belles choses à raconter!

Texte: Samuel Grandjean


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